Bien accompagner les entrepreneurs de plus de 45 ans dans leur transition

L’orientation préalable BCAE pour les seniors au sein du parcours 45+ d’AGR2R et INITIATIVE France.

L’entrepreneuriat pour les salariés de plus 45 ans ne se pose plus (l’âge de la séniorité a baissé depuis 10 ans). Le fait est acquis. Les fins de carrières passeront par des propositions différentes du CDI plein temps. Le CDD, l’intérim, le salariat à distance, le portage salarial, le portage d’affaire, l’association minoritaire, majoritaire ou la création en solo, la reprise directe ou progressive montre la dynamique d’adaptation aux évolution du travail. Reste pour ces entrepreneurs à bénéficier d’un accompagnement taillé à leur mesure.

Le senior que je préfère appeler « professionnel confirmé » est pris entre le désir d’autonomie (la maturité rend perméable aux postures-chefs), le besoin de revenus (moindre si les enfants sont partis), et le rapport au temps (plus détaché). S’ajoute à cela une quête de sens nourrie par la maturité personnelle.

La (ou la bien sûr !) « professionnel(le) confirmé(e) » se retrouve aussi face à un changement majeur, la rupture de « l’effet de rente » qui lui faisait croire que « Plus j’ai de l’expérience plus je grimpe dans la hiérarchie de la responsabilité, du pouvoir et/ou, au moins, des salaires ».

Quand le « faire soi-même » devient la règle.

Quand survient donc la rupture professionnelle souhaitée, contrainte ou manipulée, le senior se retrouve pris entre des injonctions complexes. Ici, la médiasphère et, souvent aussi, les politiques et acteurs de l’emploi font une promotion active de l’entrepreneuriat facile du fait des simplifications administratives ou numériques. Ces incitations sont en plus relayées tant ces nouveaux créateurs représentent un marché prometteur (de 5 à 8 Mds d’Euros selon les estimations). Là, la morcellisation des modèles économiques et sociaux se confronte à la pression uniformisatrice de l’industrie numérique. Ailleurs, la recomposition des métiers traditionnels d’appui à la création (consulaires CCI / CMA, experts comptables, avocats, banques, etc.) et l’explosion des offres faites aux créateurs et TPE rendent les choix d’accompagnement tellement difficiles, confus ou prétendument inutiles que le « faire soi-même » devient la règle.

Les professionnels confirmés qui n’ont pas toujours sorti la tête de leurs entreprises (ou de leur vie de consommateur) se trouvent plongés dans un apprentissage nécessaire mais guère facilité. Le délai trop long avant de réfléchir à l’option entrepreneuriale créée une situation d’urgence (la fin prochaine des droits de chômage) peu propice à la réflexion et au recul. L’absence de montée en compétence et de développement d’une conscience entrepreneuriale authentiques confortent les stratégies d’abêtissement marketing. Tant qu’il s’agit de devenir un professionnel autonome avec une poignée de clients à peu près réguliers que l’on connait déjà bien, la transition du professionnel confirmé n’est guère complexe. Si, en plus il n’a que quelques années avant la retraite et 3 bonnes années d’allocations chômage bien dotée, il n’a pas vraiment de motif légitime pour se remettre en cause. S’il faut se créer une clientèle, une offre, un système économique, de production, de commercialisation et de R&D cela devient plus complexe. S’il faut « tenir » financièrement longtemps, de pas s’exténuer à la tâche et, en plus trouver du sens à ce que l’on fait cela devient franchement compliqué.

Un parcours 45+ sur la posture et la culture entrepreneuriale

Or l’acte entrepreneurial est un acte d’ouverture (je découvre ou je crée un nouveau territoire) et d’engagement (je prends les moyens humains, techniques, financiers, etc.) pour y faire ma place. La précipitation engendrée par les phénomènes décrits ci-dessus conduit à un engorgement des structures d’accompagnement à la création (montage financier, juridique) au moment où la réduction de leurs subventions les contraints à réduire le niveau et/ou le nombre de leurs salariés. C’est ce qu’INITIATIVE FRANCE a compris en proposant aux seniors un parcours (le 45+) portant sur la posture et la culture entrepreneuriale, financé par AG2R. Un parcours en 4 étapes qui élève le niveau de conscience entrepreneuriale et donc les bonnes décisions qui fondent les succès durables.

  • En premier lieu un diagnostic de la posture entrepreneuriale, des savoir-faire et savoir-être relevant de la démarche entrepreneuriale (référentiel de Bilan de compétences entrepreneuriale FNPAE). Celui-ci est complété par l’appui d’un expert AG2R pour un bilan social (retraite, prévoyance). 
  • Puis une journée consacrée précisément à la posture (faire son deuil, assumer le réel et s’engager en responsabilités sur une vision ambitieuse et lucide).
  • Suit une journée de créativité fondée sur la cohérence entre un projet répondant tout à la fois au marché et aux potentialités et valeurs du porteur.
  • Puis, pour la mise en œuvre effective, la formalisation de cette vision un coaching plus personnel conjuguant la communication commerciale et marketing et la confiance du futur dirigeant.

Le diagnostic d’orientation entrepreneuriale préalable prend tout son sens et son utilité. Il fonctionne comme l’orientation des jeunes qui évite la précipitation vers des filières certes vendeuses, attirantes ou passionnantes mais sans débouchées professionnels réels ou sans résonance avec une vocation propre. 

Plus de 500 personnes ont bénéficié de cette orientation : un entretien, un questionnaire sur les savoir-faire et savoir-être du référentiel FNPAE, une restitution écrite. 60% des déclarants de l’enquête indépendante INSEMMA indiquent avoir bien compris leur motivation, analysé leurs capacités à entreprendre et mieux se connaitre. Tous déclarent que se fut une invitation à approfondir ces points.

Pour ce qui est de l’orientation constatée après diagnostic BCAE :

  • 20 % des bénéficiaires évitent un engagement inopportun et parfois risqué et reprennent une recherche d’emploi souvent mal engagée faute d’appui efficace dans leur recherche.
  • 40 % des bénéficiaires comprennent le bénéfices financiers, d’énergie et de temps qu’ils tireront d’une formation pour mieux assumer certaines tâches, sélectionner leur prestataires (comptable, web, financier, etc.) et éviter risques ou parasites.
  • 20 % se trouvent confortés dans un processus bien engagés qu’ils poursuivent avec plus de confiance, quelques ajustements ou solutions partagées.
  • 20 % prennent conscience de moyens additionnels à mobiliser pour mieux servir un projet ambitieux ou… qu’ils peuvent porter un projet plus large que leur propre emploi et ainsi éviter la précarisation du solo-solo et générer pour eux et leur territoire plus de richesses économiques et sociales.

Rapportée à l’échelle des 600 000 créateurs dont les médias nous enorgueillissent régulièrement ceci permettrait 240 000 créations d’emplois additionnels (20 % qui font mieux et plus fort). On se prend de vertige. Le réalisme tout entrepreneurial nous fait « atterrir » à une probabilité de 10 % seulement. 36 000 emplois. Quand on voit le bruit que font 6 000 emplois créés dans telle ou telle grande entreprise il y a lieu d’espérer un joyeux réveil. La baleine France met forcément plus de temps à se mouvoir que le joyeux banc de sardines qui irrigue d’énergies, de compétences et d’espoirs les territoires sur lesquels INITIATIVE vient proposer aux plus de 45 ans son parcours.

Cet article invité a été écrit par Xavier Delaunay, Fondateur Associé PEPINIUM – bcae.fr.