Cécile Eynard : « La création de mon entreprise est l’aboutissement d’un long cheminement psychologique »

Consultante et formatrice en communication digitale, Cécile Eynard a sauté le pas de l’entrepreneuriat il y a deux ans de cela, pour finalement créer son entreprise en octobre 2019. Quelques mois plus tard, cette maman de deux grands garçons ayant fait le choix de quitter Paris pour Lyon dépeint un premier constat : « J’ai commencé ma carrière de social media manager en étant salariée d’une entreprise parisienne. Au départ j’étais documentaliste et lorsqu’Internet est arrivé dans la vie des entreprises pour communiquer, j’ai tout de suite été attirée. J’ai donc pris ce virage en me formant seule, je me suis auto-formée (et je le fais toujours) car à cette époque-là il n’existait aucune formation pour devenir webmaster éditoriale ou community manager. Il y a trois ans, j’ai décidé de quitter la région parisienne pour venir m’installer à Lyon. J’ai alors dû réinventer complètement ma vie professionnelle. Mais je ne me suis pas lancée dans l’entrepreneuriat tout de suite. »

Créer son entreprise, un long cheminement

Et c’est sans doute là une similitude que nous retrouvons régulièrement parmi les témoignages publiés sur Eustache. Le fait pour Cécile Eynard de passer du statut de salariée à celui d’entrepreneuse ne s’est pas fait en un claquement de doigts : « La création de mon entreprise est l’aboutissement d’un long cheminement psychologique. J’ai commencé par cumuler plusieurs formes d’emploi. J’ai d’abord trouvé un CDI dans une entreprise de temps partagé, pour laquelle j’ai effectué des missions dans plusieurs entreprises. C’est le plaisir que j’ai trouvé dans cette variété de projets qui m’a donné envie de travailler en tant qu’indépendante. Je me suis alors intéressée au portage salarial. Etre en portage pendant une année a été pour moi une très belle opportunité de me jeter dans le grand bain de l’indépendance, mais avec des brassards ! C’est à dire que le portage m’a permis de me tester en tant que consultante et formatrice sans créer une entreprise. Je gardais toute la sécurité du contrat de travail (avec tous les avantages que ça représente en termes de protection sociale) tout en développant mon activité. J’ai ainsi eu le temps de prendre confiance en moi en prenant peu de risques. J’ai arrêté d’être portée lorsque je me suis sentie suffisamment à l’aise pour avancer seule. »

Cécile Eynard
Cécile Eynard

Cette période charnière aura été l’occasion pour faire le point, et surtout bénéficier d’un accompagnement : « Pendant toute cette période, j’ai eu la chance d’être accompagnée par une conseillère « création d’entreprise » de l’Apec. Valérie Maurel m’a beaucoup aidée à avancer, en particulier dans les moments de doute et de peur qui provoquaient chez moi un réflexe de procrastination ! Elle m’a également fait intégrer la CAE (Coopératives d’Activité et d’Emploi) Auxime. Ces structures permettent de tester son projet et de développer son activité en tant qu’entrepreneur-salarié. On bénéficie également d’un programme de formations liées à l’entrepreneuriat (positionner son offre sur le marché, bâtir un plan d’action commercial, la prospection commerciale…). »

L’importance de se créer un nouveau réseau a aussi joué un rôle prédominant dans la réflexion en cours : « Une autre chose m’a beaucoup aidée : le réseau ! A mon arrivée à Lyon j’ai intégré le réseau Lean In Lyon dans le but de rencontrer de rencontrer d’autres femmes pour échanger sur nos projets professionnels. J’y ai trouvé une véritable écoute et beaucoup d’entraide. Certaines femmes sont elles-mêmes entrepreneuses et elles m’ont beaucoup inspirée. C’est même grâce à ce réseau que j’ai trouvé des premiers clients. La plus grosse difficulté pour moi a été de me retrouver seule face à un monde (celui de l’entrepreneuriat) que je ne connaissais absolument pas et qui me semblait inaccessible. J’avais plein d’idées en tête mais je ne savais pas comment les organiser pour qu’elles deviennent une offre de service cohérente et qui réponde à un besoin. Sans accompagnement, je ne sais pas si j’aurais créé mon entreprise. Ou ça aurait mis beaucoup plus de temps. »

Une expérience bien vécue donc, qui donne à Cécile Eynard des leçons à tirer pour les profils qui souhaiteraient eux aussi se lancer : «  Le premier conseil (et le plus important) que je peux donner est très simple : soyez bien entourés ! Il faut absolument fuir les gens toxiques qui sont en permanence dans la pensée négative et qui ne vous montrent que les difficultés. Au contraire, gardez auprès de vous les gens qui vous aiment sincèrement et sauront tout au long du chemin vous encourager et vous dire à quel point vous êtes une personne formidable !

Mon deuxième conseil : prenez le temps ! Il n’y a pas d’urgence. On ne se lance pas dans l’entrepreneuriat comme si c’était un caprice d’enfant. Il faut laisser mûrir les choses. Le changement est un déclic, on sait au fond de soi quand on est prêt. Alors surtout, écoutez-vous et faites-vous aider ! Il existe plein de structures d’accompagnement au changement de vie professionnelle.

Enfin, le troisième conseil : faites-vous confiance ! Une fois que vous lancez votre projet quel qu’il soit, il faut y croire jusqu’au bout. C’est VOTRE projet, VOTRE envie alors ne laissez personne vous dire le contraire et montrez-leur que vous savez ce que vous faites et que vous avez raison. En plus, le positif attire le positif. Je l’ai vraiment expérimenté ces derniers mois. Plus on y croit, plus on y met de l’énergie avec optimisme, plus on fait de belles rencontres qui peuvent apporter le changement suivant. »

Apprendre à parler au nom de son entreprise

Son entreprise créée, Cécile Eynard entame aujourd’hui une nouvelle étape : celle de la création de sa marque : « Le 15 octobre 2019, j’ai créé ma micro-entreprise. Une formalité très simple dans laquelle j’ai été accompagnée par la CCI de Lyon. Et le 15 janvier 2020, j’ai reçu mon numéro d’agrément de formatrice. Deux dates très importantes pour moi qui ont marqué mon chemin. J’entame aujourd’hui une nouvelle étape. Celle de la création de ma marque. J’ai enfin intégré l’idée que je suis cheffe d’entreprise et je veux donc parler au nom d’une entreprise qui a sa propre identité et non plus en mon nom. Les premiers mois de mon entreprise ont été bien remplis. Je viens de terminer une mission d’accompagnement auprès d’une entreprise qui crée un nouveau site. Ma collaboration avec eux se poursuit avec la rédaction des contenus. Je collabore avec l’agence Boots and Cats pour certains de leurs clients. Je donne des cours dans des écoles de communication. J’anime des formations régulières pour accompagner les personnes qui veulent améliorer leur visibilité sur les réseaux sociaux, et en particulier sur LinkedIn. »

La crise du COVID-19 étant passée par là, l’après-crise est forcément à l’ordre du jour, et avec elle l’envie, si ce n’est la nécessité, d’aborder les choses différemment en tant qu’entrepreneuse : « Forcément nous allons tous devoir changer certaines choses dans notre façon de travailler. Même si pour moi, ça ne change pas radicalement car depuis le début je travaille principalement à distance de mes clients. Je suis en train de développer mon offre de formation en distanciel pour répondre aux besoins qui naissent avec le confinement. En juin, je vais animer la première sur le thème de la marque employeur. Je dois également adapter ma prospection. Ne pouvant pas aller rencontrer mes futurs clients, j’organise des rendez-vous en ligne. Pour moi le contact humain et la rencontre sont indispensables. J’aime que mes clients et moi nous nous choisissions mutuellement. Je ne vends pas qu’une solution à leur problème. Je leur offre aussi ce que je suis, ma façon d’aborder les choses et ma capacité à embarquer les équipes dans un projet. »

En guise de conclusion, l’entrepreneuse évoque la nécessité de cibler un marché de niche lorsque l’on évolue dans un secteur déjà bien représenté : « Les indépendants sont très nombreux dans le secteur de la communication digitale mais je pense qu’il y a de la place pour tout le monde. Il faut simplement trouver quel est notre valeur ajoutée, qu’est-ce qui nous différencie des autres. Cibler un secteur particulier. Moi par exemple, je me suis spécialisée dans l’accompagnement au déploiement de la marque employeur dans les entreprises qui connaissent des difficultés de recrutement ou de fort turn-over. Je développe également une prestation sur mesure, un peu comme de la haute couture. Je n’ai pas de forfait ou de formation clé en main. J’adapte en permanence mon service au besoin du client, avant, pendant et après si nécessaire. Mon objectif n’est jamais de devenir indispensable à mon client. Je veux lui donner des ailes pour s’envoler en toute autonomie. Ce qui n’empêche pas la fidélisation pour travailler ensemble sur d’autres projets. »

Retrouvez toutes les prestations de Cécile Eynard sur son site Internet : https://www.cecile-eynard.fr/