« Comme je n’ai pas pu choisir ce que je ferais au sein de l’entreprise, je suis sorti de la structure » : et s’il était temps d’envisager votre carrière différemment ?

Changer de braquet et envisager sa carrière professionnelle différemment pour profiter d’une nouvelle liberté n’a rien d’anodin. C’est l’option choisie par Jean-Philippe Moy en 2019, après avoir constaté un manque de flexibilité dans l’entreprise où il évoluait : « Le modèle qui m’était proposé ne correspondait pas à mes valeurs, alors j’ai demandé une rupture conventionnelle en disant que j’étais prêt à continuer à travailler avec tous les clients dont je m’occupais jusque là, que je connais depuis 10 ans. Mon employeur de l’époque m’a dit oui. […] Comme je n’ai pas pu choisir ce que je ferais au sein de l’entreprise, je suis sorti de la structure. Je travaille toujours pour mon ancien employeur, mais en portage salarial et uniquement avec « mes » clients historiques. J’ai formé des techniciens dans toute la France pour de grands groupes, tous les ans ils me renouvellent leur confiance. »

Un choix délibéré

Un choix délibéré, conscient, sans doute impromptu mais certainement pas subi : « Cette situation n’est pas subie. Sinon, je serais complètement passé à autre chose. L’avantage d’avoir opté pour une rupture conventionnelle, c’est qu’ensuite, je n’ai pas eu à prospecter, 70% de mon planning s’est rempli. Je suis parti en avril 2019, et je suis directement passé par le portage salarial. Une semaine après ma rupture conventionnelle, mon ex-employeur me commande déjà une semaine de prestation. Là, je me pose la question : pour quel statut opter ? J’ai contacté de nombreuses sociétés de portage, et l’une d’entre elles s’est déplacé à Vitré pour me voir, ce fut la seule. Une personne est venue, nous avons signé, depuis, je suis globalement satisfait. »

Ce qui aura fait penché la balance vers le portage salarial se résume assez simplement : sécurité et simplicité. « Je m’étais dit que j’essayerai la situation la plus simple, la moins risquée, et peut-être qu’après… Je trouve que le portage est idéal pour commencer quelque chose. Il n’y a pas trop de risques, pas trop d’administratif, et puis, en me renseignant avec des collègues formateurs mais à leur compte, ayant leur société, je me suis rendu compte que les rémunérations étaient similaires. Alors qu’eux passent du temps avec leur expert comptable, doivent gérer leurs certifications qualité, etc. Pour un formateur, le portage salarial est idéal. »

Jean-Philippe Moy
Jean-Philippe Moy

Un cas loin d’être isolé

Des cas comme celui de Jean-Philippe, Annie Launay en voit passer régulièrement. La responsable régionale Bretagne chez AD’Missions se remémore son premier contact avec l’employé d’alors, à la recherche de solutions : « Ce que je lui ai apporté par rapport à son besoin, c’est de la proximité, très importante pour lui. Cette proximité est souvent un critère pour les indépendants portés qui craignent l’isolement, la solitude. A ce titre, notre organisation est précieuse notamment à travers les différents évènements que nous organisons. L’autre point important évoqué par Jean-Philippe fut la recherche d’une solution simple au plan administratif. C’est aussi une de nos forces, nous donnons accès à nos consultants à des outils, des labels, des process qui fluidifient au maximum leur relation avec clients, partenaires, fournisseurs et institutionnels. C’est primordial pour un indépendant de pouvoir se délester de tout ce qui n’est pas son cœur de métier, sa valeur ajoutée. »

Et plus encore dans le cas d’un formateur, où AD’Missions intervient sur plusieurs niveaux : « S’il débute dans la formation, nous le formons au métier de formateur. A l’issue, il a construit un programme de formation de qualité et conforme aux exigences légales (label OPQF aujourd’hui, Qualiopi demain). Et surtout il est rompu aux techniques de formation les plus pointues et innovantes. Ensuite dans l’exercice de son activité, nous gérons toute la partie administrative liée à la formation (convention, attestation de présence, évaluation etc.) Nous lui permettons également de répondre à des appels d’offres soit seul soit en constituant un collectif adapté à la demande. Ainsi le formateur peut se concentrer exclusivement sur la recherche de client et la délivrance de ses prestations. »