Créer son entreprise à 50 ans : oser, ça change tout !

Créer son entreprise à 50 ans et plus, c’est la possibilité de capitaliser son expérience, de vouloir s’offrir une nouvelle vie professionnelle, mais cela implique le fait d’oser changer ! Oser c’est une question de volonté, certes, mais, cela peut être aussi un chemin parsemé d’embûches et de freins qui, au final, sont plus forts que la volonté.

Changer, mais pourquoi ?

Changer oui mais pourquoi ? Changer pour améliorer sa vie ? Poursuivre ses envies ? Mais après quoi court-on ? Le besoin de changer est la prise de conscience volontaire ou non, que ce que nous avons ne nous satisfait plus. Cela peut être l’ennui qui s’est installé, l’absence d’évolution professionnelle, le sentiment d’être limité dans ses actes et ses aspirations, etc. C’est aussi souvent un manque de liberté qui nous empêche d’améliorer les choses. Mais c’est aussi l’envie d’explorer d’autres routes, de voir d’autres gens, de connaître d’autres expériences, de vouloir se prouver que l’on peut.

La volonté et la motivation qui nous poussent (ou non) au changement nous sont propres et évoluent tout au long de notre vie professionnelle et personnelle.

D’ailleurs pour votre projet,

  • Avez-vous encore les mêmes motivations qu’à 25 ans ?
  • Mettrez-vous en place votre entreprise avec les mêmes attentes que si vous l’aviez bâtie à 30 ans ?
  • Ce que vous qualifiez ou qualifierez de réussite pour votre entreprise est-elle fondée sur les mêmes sentiments que vous aviez il y a 10, 15 ou 20 ans ?

L’envie de changer nous est propre, elle s’exprime individuellement même si souvent dans cette orientation qu’est la création d’entreprise, l’entourage proche est mis à contribution à minima.

Le changement, un saut dans l’inconnu ?

Oser changer son environnement professionnel implique dans une certaine mesure de se dégager du connu. Mettre de côté ce que je connais, ce que je maîtrise, pour répondre à mes attentes aussi bien personnelles que professionnelles. Cela implique également de devoir prendre les décisions seul, d’être maître du navire. Cela peut engendrer une certaine fierté, reconnaissance, sensation de liberté et d’auto-reconnaissance de ses valeurs, mais également générer des inquiétudes différentes et inconnues.

Comment ne pas s’interroger sur le bien-fondé d’un investissement quand ce dernier se réalise avec ses propres deniers et qu’il engage une réussite obligatoire sous peine de perdre son entreprise ?

Quitter un certain confort pour s’engager sur une voie qui nécessite souvent une remise en question n’est pas chose aisée. Certes, dans de nombreux cas, le créateur sénior bénéficie de certaines « garanties » (connaissance de son secteur d’activité, carnet d’adresse, liquidités, etc.) qui lui permettent de capitaliser sur ses connaissances et le fonctionnement du marché. Mais le sénior a aussi conscience des risques qu’il prend, peut-être plus qu’un jeune de 20 ans qui n’a « rien à perdre ».

La cinquantaine fait jaillir des prises de conscience. On se dit que notre identité personnelle mais aussi notre identité professionnelle – celle que nous avons construites dans la première moitié de notre vie – ne correspondent plus à ce que nous sommes aujourd’hui et qu’elles ne correspondent encore moins à ce que nous aspirons devenir demain.

Devenir soi-même et réaliser ses rêves

La maturité nous apprend à ne pas tout envoyer balader sur un coup de tête. Elle nous fait prendre conscience de nos capacités, de nos compétences mais aussi des points de vigilance. Elle nous fait poser notre projet de manière plus sereine, tout en évaluant au mieux les points faibles et nos carences. Le soutien de notre environnement proche est plus qu’essentiel dans notre quête de créer, de changer, de mettre en action notre projet d’entreprise. En effet, hormis les contraintes financières et techniques inhérentes à toute création, l’humain est ainsi fait qu’il a besoin d’encouragements.

Cependant, il ne suffit pas de vouloir changer pour y parvenir. De manière inconsciente, nous sommes souvent attachés à nos propres chaînes, nos propres craintes. Celles-ci peuvent être réelles et justes mais cela peut aussi être simplement un auto-sabotage que rien ne justifie. Tout au long de notre vie professionnelle, mais aussi à titre privé, nous sommes soumis à des blocages inconscients, des peurs qui ressurgissent, sont-elles pour autant rationnelles ?

Lors d’échanges avec des professionnels, dès que les auto-sabotages viennent limiter les réflexions, je pose toujours 3 questions :

  1. Cette pensée va-t-elle vous aider à vous sentir mieux pour avancer ?
  2. Cette pensée va-t-elle vous aider à faire face à la situation ?
  3. Cette pensée va-t-elle vous aider pour demain ?

Si les réponses à ces questions sont NON, alors pourquoi leur donner de la valeur, pourquoi les laisser influencer nos prises de décisions ?

Quand on a pour projet de créer son entreprise, il y a certes l’enthousiasme, qui est présent, expliqué. Mais quand on creuse un peu plus, on entend les résistances qui arrivent. « Et si je me trompais… et si je faisais fausse route… Et si cela n’était pas aussi simple que je l’imagine… et si, et si… ». Et si, à l’inverse, on s’attelait à focaliser notre esprit sur ce que l’on peut gagner avec ces changements ! Une grande partie de notre temps de salarié, nous le passons en mode « pilotage automatique ». Je sais ce que j’ai à faire, j’ai l’habitude, je connais mon sujet, etc. Mais en tant que créateur d’entreprise, pourquoi devrais-je perdre ces notions ? Elles sont fortes et composent en partie mon désir d’oser. Certes je peux me tromper, mais oui aussi je peux réussir. Je connais mes envies, je connais mon marché, je connais mon réseau, je connais mes fournisseurs, etc.

On peut avoir la sensation de devoir faire un grand saut dans le vide quand on passe de salarié à créateur d’entreprise senior. Mais quand on a lancé sa structure, on se rend souvent compte que notre passé et notre futur s’entremêlent. On ne passe pas du blanc pur au noir complet dans la majorité des cas. Notre expérience, qui est un vrai point d’ancrage, nous permet de nous repositionner sur les idées positives et de maintenir à flot notre confiance en nous et notre projet. Penser à ce que j’ai réussi dans ma carrière et le mettre en place au sein de mon entreprise. Vos réussites peuvent vous paraître évidentes, simples, basiques. Mais peu importe, elles ont en elles une véritable dose d’énergie pour vous booster dans votre projet, alors ne vous en privez pas !

Il convient pour le créateur (non par contrainte) de s’interroger sur ses attentes. Qu’attendez-vous de cette nouvelle vie professionnelle ? Quand on échange avec les jeunes créateurs d’entreprise, mais aussi les salariés des tranches d’âge inférieures, il y a une phrase qui revient souvent : « Faire, bâtir, réaliser quelque chose dans ma vie professionnelle qui a un sens ». On peut alors s’interroger sur la notion de sens. Un sens pour qui ? Pour la personne elle-même ? Pour la société ? Pour ceux qui nous sont proches ?

Et vous, vous êtes-vous déjà interrogés sur le sens que vous souhaitiez donner à votre entreprise ? On en reparle lors d’un prochain article.