Dominique Bellos : « J’ai voulu jouer ma propre partition »

Eustache continue d’aller à la rencontre de ses lecteurs, et donne cette fois la parole à Dominique Bellos, qui après cinq décennies passées dans l’industrie et la grande distribution a fait le choix de lancer son activité pour « jouer [sa] propre partition » comme elle nous l’a expliqué, au cours d’un entretien fleuve.

Pouvez-vous tout d’abord vous présenter et nous résumer votre parcours ?

Je m’appelle Dominique Bellos. Je suis mariée. Mon mari, grec d’origine, est ingénieur agronome à la retraite. Nous avons 2 fils, respectivement artiste et avocat. Je suis diplômée d’une maîtrise d’allemand, ayant fait toutes mes études dans le but d’enseigner la langue de Goethe qui me ressemble. Je n’aurai cependant donné qu’une heure de cours d’allemand dans ma vie, car bien que faite pour enseigner, et après avoir travaillé pendant 2 ans dans un grand groupe chimique bâlois pour finir mes études, je décidais de mettre les 2 pieds dans ce monde de  l’industrie qui m’attirait.

Mon futur époux voulant terminer ses études d’agronomie à Paris, je quittais en 1974 la Suisse et entrais comme secrétaire de direction bilingue au sein de la  filiale française de distribution d’un groupe familial germano-helvétique. Je quitterai cette société 17 ans plus tard, en qualité de directrice générale et après y avoir successivement exercé les fonctions de Chef des Ventes, Directrice Commerciale puis Directrice Générale. Cette filiale avait pour principaux clients les accessoiristes automobiles, magasins de bricolage, hypermarchés et centres-autos. Elle commercialisait des aérosols de peinture pour les retouches de carrosserie et/ou bricolage. Au terme de ces 17 années, au cours desquelles je me confrontais aux négociations complexes voire de l’extrême avec les acheteurs dans la grande distribution, je décidais de me doter du diplôme qui correspondrait à mon expérience  et mon nouveau statut de DG. Avec mon époux nous finançons ma formation au CPA, devenu depuis le MBA d’HEC. J’obtins le diplôme et sortis major de ma promotion. Après 2 ans d’une association délicate mais très formatrice, je rentrais comme Directrice Commerciale chez l’un des distributeurs du Groupe Alusuisse avant de prendre la direction des ventes de la filiale française du groupe. En août 1997, je décroche un poste de directrice Commerciale du département Pneumatiques d’Hutchinson, filiale du Groupe TOTAL. 18 mois plus tard, je suis nommée Directrice Générale de cette Business Unit. J’y resterai 7 ans avant de prendre la direction d’une autre BU, puis d’être promue en 2008 première femme au CODIR d’Hutchinson en qualité de Directrice des Ressources Humaines, rattachée directement au PDG. J’y resterai 8 ans avant que me soit proposée par mon PDG  la création d’une nouvelle fonction, la direction de la Formation des cadres dirigeants. J’ai quitté Hutchinson fin décembre  ayant atteint les 70 ans et devant m’incliner devant ce nouveau statut, qu’est celui de « retraitée », terme qui ne correspond pas à ma personnalité, mais qu’il me faut accepter.

En 50 ans de carrière féminine dans le monde très masculin qu’est celui de l’industrie et celui de la grande distribution,  j’ai constaté que je n’ai jamais connu le plafond de verre et que ma carrière que beaucoup disent « atypique »,  je la dois à tous les hommes qui m’ont accompagnée et soutenue : mon père, mon époux, mes 2 fils, mais aussi chacun des patrons pour lesquels j’ai travaillé et mes collègues et  collaborateurs qui m’ont entourée. J’ai aimé ce milieu dans lequel je me suis sentie comme un poisson dans l’eau, tout en réussissant à rester moi-même en assumant ma féminité, mais sans le moindre soupçon de féminisme jusqu’auboutisme. Le livre que j’écrit actuellement tente d’expliquer cette absence de plafond de verre pour encourager les jeunes femmes à dépasser leurs craintes.

Dominique Bellos
Dominique Bellos

Qu’est-ce qui vous a décidé à vous lancer dans l’entrepreneuriat ?

Deux raisons essentielles. La première de rester en activité, car j’ai de l’énergie à revendre, et par là même être utile aux autres, car je sais pouvoir l’être dans tous les domaines que j’ai appris à maîtriser au fil du temps. Mais aussi pour jouer ma propre partition : durant 50 ans j’ai joué la partition des autres, en qualité de salariée, il était temps à mes yeux de créer ma propre petite entreprise dont la raison d’être est transmettre, partager, mes expériences, succès comme échecs, auprès de ceux et celles qui ont envie de passer une étape de vie, une étape de changement et d’y réussir.

Avez-vous été accompagnée au moment de vous lancer ? 

Oui, sur la suggestion d’une amie, je me suis fait accompagner durant les 2 années qui ont précédé la création de mon entreprise, pour choisir le statut de l’entreprise, mais surtout réfléchir à sa raison d’être, à sa mission, à ce que j’avais à offrir et à qui.

Quelles sont les difficultés que vous avez pu rencontrer ?

Je n’en ai pas particulièrement rencontrées, à l’exception du coup de frein que ma petite start-up dans le consulting, connait depuis le 17 mars, date du confinement général.

Où en êtes-vous maintenant ?

Le 9 décembre 2019 et née Dominique Bellos Consulting SAS, une entreprise qui me ressemble, à laquelle j’ai associé mon époux et dont j’avais eu le temps de mûrir la raison d’être au cours des 18 mois qui précédèrent sa création. En voici la synthèse : 

Dominique Bellos Consulting, une offre percutante en 3D au service de l’Excellence 

·       Efficience pour le conseil,

  • Provoquer le mouvement pour la réussite de vos projets
    Conseil, mentoring, facilitation, intermédiation, accompagnement…

·       Partage pour la transmission,

  • Opérer le mouvement et transmettre les clés managériales
    « École virtuelle » pour éveiller aux questions du management sous toutes ses formes…

·       Inspiration pour la transformation.

  • Inviter au mouvement pour changer les codes et mettre l’Humain au cœur de l’Entreprise
    Un livre illustré écho d’une histoire vécue…

Pour chacune des dimensions, j’ai construit une méthode qui s’adapte au sujet et aux objectifs. Je m’appuie sur une expérience réussie dans la petite et la grande entreprise et, tout en sachant que « l’expérience est une chandelle qui n’éclaire que celui qui la porte », j’ai construit, expérimenté et mis en œuvre des méthodes efficaces permettant d’apporter des réponses concrètes et des solutions opérationnelles dans des contextes variés. Chacune des dimensions de l’offre s’en nourrit avec pour préoccupation constante : la réalisation d’objectifs déterminés et l’épanouissement de ceux et celles qui les réalisent.

Comment envisagez-vous l’après confinement ?

J’utilise actuellement le confinement pour avancer sur l’écriture de mon livre, partie 3 de mon offre : Inspiration/Transformation. Je travaille à l’après-confinement, car je veux prendre le temps de vivre mais aussi conserver mon équilibre entre ma vie familiale, conjugale, la jouissance de notre maison en Bourgogne (raison de mon siège social à Nolay, notre village d’adoption) et ma nouvelle vie professionnelle. 

Je vais – dès que je peux être libre de mes mouvements – privilégier et provoquer les rencontres avec mon réseau et le monde industriel.

Pensez-vous modifier votre offre, votre manière d’aborder les choses ?

Non, pas sur le fond, éventuellement sur la forme pour tenir compte des contraintes sanitaires. L’offre est particulièrement adaptée au contexte actuel, insolite, inédit, qui nous met face à l’inconnu, fait de l’incertitude notre lot quotidien et exige de chacun de nous une grande capacité d’adaptation à l’instant présent. J’offre un accompagnement sur-mesure aux individus et/ou aux organisations : publiques comme privées dans ce contexte proche d’un BING BANG, pour leur permettre de passer ces étapes avec succès.

Auriez-vous des conseils à distiller à ceux et celles qui souhaitent changer de carrière et se lancer dans l’entrepreneuriat ?

La question fondamentale à se poser quand on veut non seulement changer de carrière mais surtout se lancer dans l’entrepreneuriat, c’est de savoir qu’elle en est la vraie raison : fuir un contexte qui ne nous convient plus ? Un manager que l’on ne supporte plus ? Un besoin soudain d’indépendance ? Ou la réalisation d’un rêve que l’on a depuis des années ?

Ensuite, s’assurer de bien se connaître, ses forces, ses faiblesses, pour ne pas embarquer avec soi un rêve à la Don Quichotte. Et puis, foncer ! et ne pas se retourner. Expérimenter, tester, échouer, rebondir, se relever, repartir, ce qui supposera disposer d’un peu de ressources en terme de : santé, finances, énergie. Et si l’on a une famille à charge, vérifier si elle est prête à se lancer dans l’aventure aussi.

Egalement, en tant qu’expert dans votre domaine, quels conseils pouvez vous donner aux nouveaux entrepreneurs se lançant dans votre secteur en particulier ?

Mon expertise relève de l’Humain  : accompagnement, mentoring, coaching, , mais également transmission, management, partage.

De nombreux cabinets de conseils existent depuis longtemps dans ces domaines, et chacun a sa « recette », voire sa « spécialité ». Or s’il y a bien un domaine où il n’existe aucune recette toute faite, aucune spécialité duplicable, c’est bien le domaine de l’Humain. 

Donc pour se lancer dans ce secteur, il faut  savoir de quoi l’on parle, il faut vraiment « maîtriser » la mise en œuvre de l’Humain dans l’entreprise, et aimer l’Humain, ce qui suppose : Empathie, Ecoute active et Assertivité, 3 ingrédients indissociables et qui sont assez rares. Tel est mon savoir-faire que je suis prête à partager pour un monde de l’entreprise plus humain, plus social, et ou plutôt qu’une qualité de vie au travail,  il est constaté une vie et un travail de qualité.