Les questions à se poser avant de quitter le salariat

Le constat se pose comme une évidence : le salariat n’est plus voué à être le modèle principal dans le monde du travail. D’ailleurs, un baromètre réalisé l’an passé par l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) dévoilait que 57% des sondés s’estimaient prêt à sortir du salariat, pour expérimenter au choix micro-entrepreneuriat, groupements d’employeurs, entreprises de travail en temps partagé ou portage salarial. L’idée fait son chemin : le métro, boulot, dodo n’est désormais plus une obligation, et il est tout à fait possible d’envisager sa carrière professionnelle différemment pour enfin se réconcilier avec soi. Avant cela, il va être nécessaire d’identifier les principales difficultés à bien négocier et les questions à se poser pour anticiper comme il se doit son exil du salariat et sa reconversion dans l’une des formes de l’entrepreneuriat.

Quelles sont les compétences que vous souhaitez partager ?

C’est sans doute la première question à vous poser avant d’envisager faire le grand saut. Quel est votre projet ? Plus précisément encore : qu’envisagez-vous de vendre, quelles sont les compétences que vous allez mettre en avant face à vos premiers prospects, puis vos premiers clients ? Dessiner ne serait-ce que les contours de votre offre est primordial, autant pour avoir une première validation que pour vous placer vis à vis de vos concurrents. Sur ce point, il vous est tout à fait possible de vous faire accompagner, afin de réaliser un bilan de vos compétences qui vous aidera à mieux identifier vos points forts et votre valeur sur le marché actuel.

N’hésitez pas non plus à créer une ébauche d’offre de service, qui va servir à montrer à votre client les solutions et résultats que vous allez pouvoir mettre à son service. Il vous faudra très certainement décliner cette offre selon vos cibles : vous n’allez pas avoir le même discours si vous vous adressez à une PME ou un grand groupe

Consultant indépendant, portage salarial, etc. : quel statut choisir ?

Si vous n’envisagez pas de passer la barre des 70 000 euros de chiffres d’affaires (pour de la prestation de service ou une activité libérale), le choix du régime de la micro-entreprise apparaît encore comme le plus simple à déployer. D’autant plus qu’il peut-être cumulé avec du portage salarial. Ce dernier vous permettant de conserver des bénéfices similaires à celui d’un salarié en entreprise tout en vous conférant une certaine liberté (vous bénéficiez entre autre d’une couverture sociale identique à celle d’un salarié et d’une rémunération mensuelle « lissée »). Le portage salarial vous donne aussi l’occasion de vous adosser à un grand groupe, et donc d’avoir plus facilement accès à des missions auprès de grands comptes. C’est là un avantage à ne pas négliger, surtout au début de votre nouvelle carrière, lorsque vous aurez besoin de multiplier les références.

Dans les cas les plus complexes, si vous avez par exemple dans l’idée de vous associer sur le moyen ou le long terme, vous pourriez plutôt opter pour la création d’entreprise en SAS ou SARL. Sachez cependant que dans ce cas de figure, les formalités seront plus lourdes, et les contraintes plus nombreuses.

Allez-vous pouvoir mettre à profit votre réseau ?

Comment comptez-vous vous faire connaître dans un premier temps, et décider vos clients à vous faire confiance ? Profitez-vous déjà d’un large réseau actif ? En sachant que la plupart des salariés pèchent justement sur ce point précis, partons du principe que vous ayez encore tout à construire. Quelles vont être les pistes que vous allez privilégier pour mettre en place un réseautage à la fois constant et porteur ?

Par chance, les propositions sont nombreuses et variées : du club d’entrepreneurs aux connexions via les réseaux sociaux (en privilégiant LinkedIn avant tout), en passant par les antennes locales MEDEF, les différents réseaux en place (Réseau Entreprendre, BNI, etc.), vous n’aurez que l’embarras du choix pour vous créer un réseau solide et de confiance. La clé va être de sortir de votre zone de confort, de garder constamment sur vous quelques cartes de visites, et de ne pas hésitez à échanger avec des pairs, des prospects éventuels, des entremetteurs, etc.

De quelle rémunération avez-vous besoin pour vivre ?

La question est souvent évoquée dans la marge, et c’est une faute. Avant de quitter votre poste salarié, posez-vous absolument la question de vos besoins financiers. Quel volume de commandes allez-vous devoir assurer afin de vivre convenablement, ou tout du moins dans des conditions qui vous semblent acceptables ? C’est donc là toute l’importance de votre offre de services, qui va également servir à définir vos tarifs. Ne tombez pas dans le piège courant se résumant à surévaluer vos revenus, du moins dans un premier temps, et n’oubliez pas non plus de prendre en compte les charges sociales qu’il vous faudra régler, différentes selon le statut choisi. Le portage salarial se différencie une fois encore, puisque ce mode de travail vous libère automatiquement des contraintes administratives. C’est à la société de portage salarial de couvrir ces tâches.

Sachant enfin que vous aurez nécessairement un delta entre le moment où vous allez quitter votre poste de salarié, la création de votre entreprise et l’enregistrement de vos premières commandes clients. Heureusement, il vous est possible de cumuler chômage et création d’entreprise, en étant sur le régime de la micro entreprise comme sur celui de la société. Concernant le régime de la micro-entreprise, il vous faudra par contre déclarer à Pôle Emploi le montant de votre chiffre d’affaires, à partir duquel sera ensuite calculé le montant de votre allocation.