Silver entrepreneur : les nouveaux réseaux d’entrepreneurs, votre appui indispensable ?

En 2018, Delphine Trioux, elle-même freelance, lançait un réseau d’entrepreneurs à Nantes : RES-SOURCE des Pays de la Loire. Dédié aux indépendants qui accompagnent et conseillent les entreprises mais aussi les acteurs publics, ce nouveau réseau qui regroupe des entrepreneurs indépendants de tous les âges, compte déjà plus de 220 membres ! Preuve s’il en est que les entrepreneurs ne veulent plus être seuls. Preuve également que ces réseaux sont devenus de véritable relais de croissance pour les indépendants. Et pour vous, Silver Entrepreneur.

Les réseaux d’entreprises se renouvellent

Delphine Trioux, jeune Silver Entrepreneuse de 47 ans, s’est lancée en portage en 2017.  Elle accompagne ses clients dans leur stratégie commerciale. En juin 2018, elle crée RES-SOURCE des Pays de la Loire. Ce réseau se constitue à la fois de freelances en portage salarial, en micro entreprise et en statut société individuelle avec 0 salarié et de partenaires (sociétés de portage et entités apportant une complémentarité aux offres des indépendants). Une complémentarité nécessaire, permettant de répondre aux projets des entreprises et des collectivités. En plein essor, ce réseau d’entrepreneurs est de ceux qui répondent tout à fait aux nouvelles attentes du Silver Entrepreneur. Delphine Trioux évoque ce constat par le prisme de sa propre expérience.

Vous êtes indépendante en conseil aux entreprises et vous avez lancé en 2017 un réseau de freelances à Nantes, expliquez nous la démarche ? 

J’ai choisi de devenir indépendante en conseil aux entreprises en janvier 2017, mais j’ai lancé le réseau en septembre 2018 après différents constats au bout d’un an d’activité. Ces constats, les voici :

L

  1. Un entrepreneur solo, notamment dans le conseil en entreprise, doit s’entourer de professionnels complémentaires pour répondre à des missions complexes, permettant de proposer à son client plusieurs pistes étayées d’avis d’experts.
  2. Des entrepreneurs solo se lancent sans maîtriser ou sans donner toute son importance à la partie commerciale, qui est pourtant indispensable au développement d’une activité. 
  3. L’étendue des postures et des métiers/expertises des entrepreneurs solo n’est pas encore bien connue de l’ensemble des entreprises et des collectivités. Et surtout, ce mouvement (développement de ce statut) va faire partie des stratégies d’entreprises les plus sensibilisées. 
  4. La valeur ajoutée d’un entrepreneur solo est celle de répondre à une problématique, pas à une autorité venant soit d’un dirigeant (client) soit de salariés (du client). Il n’y a normalement aucun lien de subordination. Il est là pour permettre à l’entreprise où à ses équipes de franchir des caps. 
  5. Et enfin pour être visible et « peser » dans ce tissu économique dense, il est important de se regrouper. Individuellement nous sommes invisibles et ne représentons pas un intérêt évident pour certaines structures. Le regroupement et la mise en place d’actions pour se connaître, découvrir les spécificités de chacun, font que des projets peuvent devenir possibles, des voies de développement individuel ou collectif réalisables.

Le nombre de Freelance est en très forte croissance, comment l’expliquez-vous ? 

Nous sommes dans une société dont les personnes ont le souci de mieux vivre le présent. Avec un fort désir de donner du sens à ses actions. Les outils de communication sur le web, les formations en e-learning, le discours de l’Etat qui incite à travailler plus longtemps et met en place des actions pour la création d’entreprise, tout cela pousse chacun à se dire que c’est possible, que c’est à portée de main ! 

Je pense que chacun ayant expérimenté le salariat va à un moment de sa vie réfléchir à se laisser tenter par l’aventure de l’entrepreneuriat. L’argent n’est pas le déclic fondamental à la base de l’entrepreneuriat. C’est ne plus être contraint par des obligations encore un peu vieillottes dans les entreprises qui ne regardent pas l’évolution des besoins des salariés, qui sous estiment leur volonté d’engagement. Ceci vient se cumuler avec de graves erreurs de management, des organisations pyramidales ou rigides qui sont souvent les détonateurs du départ des salariés pour soit changer d’entreprise, soit pour tenter l’aventure. Avec l’entrepreneuriat c’est tout de suite possible ! 

Si les entreprises assouplissaient l’organisation ou l’autonomie dans le travail je pense que ce développement de freelancing ne serait pas aussi fort. 

Le conseil aux entreprises est particulièrement concerné par le freelancing. Pourquoi selon vous les entreprises achètent, comme elles ne l’ont jamais autant fait, des prestations externes ? 

La majorité des freelances se concentraient sur les métiers de la créativité : infographistes, développement web, etc. Depuis peu, les métiers du conseil aux entreprises se rencontrent de plus en plus en format freelance. L’offre est plus importante aussi ! C’est sans doute là une raison du nombre grandissant d’achat de prestations auprès de freelance.

Les entreprises qui achètent des prestations auprès de freelances peuvent le faire pour différentes raisons souvent combinées : 

  1. Pour la posture du professionnel : il y a celles qui ont compris que leur développement peut passer par le conseil d’un professionnel qui ne prend pas parti (qui est donc en réponse à une problématique sans subir d’influence).
  2. Pour le sur-mesure et la flexibilité qu’offre l’indépendant. 
  3. Pour le prix : il y a celles qui pensent que la prestation d’un freelance est moins chère qu’une prestation par une société. Alors c’est souvent vrai, mais pas toujours. Un freelance a les mêmes obligations pour durer qu’une entreprise lambda (elle a les mêmes charges à payer, à l’exception des charges liées à la structure !).
  4. Pour la veille et la formation permanentes du freelance sur les évolutions dans son domaine d’expertise qui assurent au client d’être toujours collé au marché, aux évolutions, d’être parfaitement informé. Les réseaux sociaux de type LinkedIN et les réseaux physiques comme RES-SOURCE justement, facilitent aussi la compréhension des offres des freelances et les prises de contact. 

Présentez-nous le club RES-SOURCE

En septembre 2018, 4 mois après le lancement du réseau, j’ai fermé les adhésions pour travailler au premier annuaire papier RES-SOURCE des Pays de la Loire. Nous étions 150. J’ai ré-ouvert en janvier 2019 pour de nouvelles adhésions et nous sommes passés à 270 en mai 2019. Le renouvellement des adhésions du premier groupe se termine bientôt. Je pense que nous serons 225 au moins pour cette 2ème édition (de septembre 2019 à septembre 2020). 

RES-SOURCE des Pays de la Loire est le réseau fédérateur des offres de services des indépendants de la région Pays de la Loire pour répondre à tous les projets sur-mesure des entreprises et des collectivités. En 2019, une ouverture à un petit groupe de Rennais a été validée afin d’explorer de nouvelles synergies.

nouveau réseau pour les freelances

De tous les statuts (société individuelle, en portage salarial, etc.) ses membres sont basés en Pays de la Loire et en Bretagne. Ils offrent des prestations intellectuelles, hors professions réglementées : pour
tous les besoins liés aux recrutements, à la fidélisation des collaborateurs, à l’accompagnement du dirigeant, à l’amélioration des conditions de travail, au développement à l’international, et pour la transformation digitale des entreprises, pour le développement des ventes, pour accompagner les projets liés à la communication… et beaucoup d’autres sujets 

Il compte également 15 partenaires liés au freelancing dont AdMission, Com&Médias, etc. Outre un annuaire papier édité en 4 000 exemplaire, le coeur d’activité du club est un ensemble d’animations et de rencontres. 

L’objectif de ce réseau est de rendre lisible l’écosystème, visible les solutions individuelles ou en maillage possibles. 

Delphine Trioux

Comment expliquez-vous la réussite aussi rapide de ce nouveau club ?

Je ne sais pas si on peut parler de réussite à ce jour car nous ne sommes qu’à 1 an d’existence, même si j’ai des retours qui confirment que les actions sont pertinentes : l’annuaire a permis à certains de trouver des missions, des collaborations sont en train de naître pour proposer des choses innovantes aux entreprises, etc. La première année fait toujours office de base pour savoir si on peut aller plus loin. Ceux qui renouvellent ont vu le potentiel possible pour développer leur activité. C’est aussi un « club » ou « réseau » où je souhaite que chacun puisse s’exprimer, que chacun puisse toujours trouver une oreille attentive. Ce n’est pas qu’un réseau qui permet de développer son CA. 

Si on a choisi d’être indépendant c’est aussi pour pouvoir s’ouvrir à de nouvelles expériences pour certains. Je crois que le réseau le permet et le permettra de plus en plus. 

En quoi, rejoindre un réseau de freelances conseils aux entreprises est-il utile à un nouveau freelance ? 

Chacun dans sa posture (conseil aux entreprises, formateur, coach, manager de transition, créatifs) apporte un regard différent. Se confronter aux professionnels qui ont une autre posture que la sienne permet de supprimer les idées reçues qui sont souvent bloquantes dans ses choix. J’ai choisi justement de faire un réseau également ouvert à toutes les expertises pour permettre la transversalité, les regards croisés, l’ouverture à des domaines variés.. On voit ainsi plus grand ! On peut ainsi mieux comprendre la place singulière que l’on peut avoir, ou proposer.

Vous êtes vous-même une jeune Silver Entrepreneuse, comment voyez-vous le Silver Entrepreneuriat ? 

L’âge « avancé », gage d’expérience, peut rassurer les chefs d’entreprises qui ont besoin de parler d’égal à égal. On est encore dans une société qui a des préjugés. C’est donc un avantage sauf si le Silver Entrepreneur en fait un inconvénient. Par exemple s’il n’est pas à l’aise avec son âge et les images possibles ! Les blocages sont souvent ceux que l’on se met ! Il est important d’être au clair avec cela au moment de se lancer. La posture change. Les regards extérieurs changent également. Il faut en avoir conscience. Je crois que l’entrepreneuriat n’est pas réservé à une classe d’âge. Il est désormais possible de passer du salariat à l’entrepreneuriat et retourner au salariat sans problème et sans devoir le justifier. 

Le Silver Entrepreneur est souvent déjà membre de réseaux lorsqu’il créé son entreprise, comment peut-il choisir un nouveau club d’entrepreneurs ?

Le choix de rejoindre tel ou tel réseau va évoluer au fil du temps. Au départ, on pense soit opportunités business – donc approcher ses cibles – soit se regrouper avec d’autres professionnels qui exercent dans le même domaine. Moi je ne voulais ni l’un ni l’autre ! Donc j’ai créé RES-SOURCE à l’image du réseau que je souhaitais. Je crois que c’est surtout une histoire de rencontres et de fonctionnement. Et également de la frontière que l’on veut mettre entre le business à proprement dit et l’inter-activité que l’on peut ou veut avoir avec les autres. 

Au-delà de consommer des services dans un club, comment peut-on être utile à son club ? 

En se posant la question de ce que l’on peut faire en retour de ce que me donne comme opportunité le club. En répondant également aux sollicitations (au moins en partageant son avis quand on est sollicité). L’engagement favorise l’engagement. Je suis là pour donner l’impulsion. C’est un système, une
« roue » qu’il faut faire tourner au départ avec force et qui va au fur et à mesure développer une force vive autonome. Chez RES-SOURCE chacun a le même niveau de communication et possibilité d’expression. Après, chacun doit se responsabiliser et voir comment il veut optimiser son adhésion. Que l’on démarre son activité ou que l’on soit aguerri, chacun peut apprendre de l’autre 

De nombreux réseaux émergent partout en France. Testez-les avant d’adhérer, vous trouverez le vôtre. Si vous ne le trouvez pas, créez le ! Rejoignez le Club Eustache !